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DocActus – Qu’est ce que la pédophilie ?

Cet article est destiné aux professionnels de la santé

La pédophilie est une attirance ou préférence sexuelle d’un adulte envers les enfants prépubères ou en début de puberté. La pédophilie est comprise comme une entité clinique qui trouve sa définition dans les classifications internationale des maladies : CIM-10 et DSM-V

Dans la CIM-10, la pédophilie est classée parmi les troubles de la préférence sexuelle; elle y est définie comme une « préférence sexuelle pour les enfants qu’ils s’agisse de garçons, de filles, ou de sujets de l’un ou de l’autre sexe, généralement d’âge prépubère ou au début de la puberté. »

Dans le DSM-V, la pédophilie est classée dans les paraphilies. Le sujet doit être en proie à des pulsions sexuelles ou à des fantaisies imaginatives sexuellement excitantes impliquant une activité sexuelle avec un enfant prépubère. Cette activité doit durer au moins six mois et l’enfant ne doit pas être âgé de plus de 13 ans.

La pédophilie n’est pas un trouble uniforme, on peut ainsi repérer diverses distinctions. Elle peut-être exclusive (seulement 7% des cas, A.Barrata 2011) , préférentielle ou opportuniste. Elle peut aussi être dirigée exclusivement sur les filles, exclusivement sur les garçons, ou les deux. Enfin, la personne pédophile peut être abstinente ou active.

Comment devient-on pédophile ?

S’il existe une littérature scientifique fournie sur les auteurs d’actes pédocriminels, leur anamnèse, les comorbidités, on retrouve en revanche peu de données quant au développement de la pédophilie chez les sujets abstinents. Pourtant, nous l’avons vu, il n’est pas pertinents de confondre les deux de façon univoque et systématique.

Par ailleurs, la construction de la préférence sexuelle, quelle qu’elle soit, demeure « énigmatique » de par sa complexité et la conjonction de facteurs mobilisés. Outre les facteurs individuels incontestables, il ne faudrait cependant pas ignorer les facteurs sociétaux dans l’érotisation de l’enfant. (Problématique de l’hypersexualisation)

Lorsque quelqu’un est attiré par les adolescents, on parle d’hébéphilie, pas de pédophilie. Ça ne veut pas dire que ça ne pose pas de problèmes, mais les paramètres ne sont pas les mêmes.

Peut-on guérir de la pédophilie?

Le premier et principal élément est d’accueillir la parole et le cas échéant la souffrance, les angoisses de votre patient en veillant à ce que vos représentations (parfois négatives) ne viennent pas faire obstacles à votre écoute et votre bienveillance.

Des stratégies thérapeutiques spécifiques existent et il est important de l’en informer : psychotérapies d’orientation analytique ou cognitive comportementale, approches sexologiques ou médicamenteuses.

Dès lors, en fonction de vos ressources et de vos limites, vous pourrez soit confier ce patient à un thérapeute ou une structure spécialisée dans ces problématiques, soit prendre en charge vous-même ce patient. L’objectif thérapeutique ne saurait « être la guérison » comprise comme le changement de préférence sexuelle qui correspondrait bien plus à une réponse à la commande sociale et se heurterait quoi qu’il en soit à nos limites cliniques, mais bien plutôt la prise en charge de la souffrance du patient et de ses causes. N’oubliez pas en effet que votre patient adhérera la plupart du temps aux mêmes représentations sociales sur la pédophilie que vous.

Les cibles de la prise en charge thérapeutique peuvent être variées et multiples : aide à la gestion des pulsions, des émotions, prise en charge des troubles anxieux et/ou dépressifs et de l’affaiblissement de l’estime de soi, prise en charge des conduites addictives (avec ou sans produit), des dimensions de personnalités problématiques (impulsivité, intolérance à la frustration, inhibition…), accompagnement des troubles liés à la maltraitance ou la négligence (PTSD, etc), prise en charge des troubles sexuels… la rencontre avec le patient sera primordiale pour évaluer ses besoins et lui offrir une aide adaptée.

Quand alerter les autorités judiciaires ?

Vous êtes sans doute soumis au secret professionnel de par votre fonction et/ou de par l’institution dans laquelle vous exercez. Votre code de déontologie, le code de santé publique (si vous exercez à l’hôpital) mais surtout le code pénal encadrent légalement votre obligation au secret, mais aussi les conditions pour lesquels vous pouvez, voire vous devez, le lever.

Je garde le secret : je dois respecter le secret absolu pour protéger mes patients. (en France : article 226-13 du Code Pénal)

Je peux lever le secret : j’apprends que des sévices, des atteintes ou des mutilations sexuelles ont été infligé à un mineur en France (article 226-14 du Code Pénal)

Je dois lever le secret : je constate que des sévices, des atteintes ou des mutilations sexuelles ont été infligés à un mineur en France (article 226-14 du Code Pénal), ou bien une personne encoure un danger imminent et je peux, par mon action immédiate et sans risque pour moi-même empêcher qu’un crime ou qu’un délit contre son intégrité physique ne soit commis. ( article 236-6 du Code Pénal)

En cas de signalement, vous pouvez vous adresser, selon votre pays, à la police et/ou à la justice.

Pour la France, par exemple les deux interlocuteurs sont :

–> La CRIP (Cellule départementale des Recueil des Informations Préoccupantes)

–> Le Procureur de la République

Comment protéger mon enfant des abus sexuels? c’est juste en dessous

Documentation

Ouvrage préparé pour le projet PedoHelp, porté par l’association Une Vie, par la Fédération Française des Centres Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (FFRCRIAVS) avec Cécile Miele, psychologue et sexologue, Jean Philippe Cano, psychiatr et praticien hospitalier, Mathieu Lacambre hospitalier référent.

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